Essayer de comprendre les choix que vont faire les électeurs américains en novembre 2008, c'est d'abord essayer de comprendre la mentalité américaine. Comment fonctionne la société américaine, quelle place y a la politique de Washington, quel rôle y joue le Président des Etats-Unis.

Pour les Américains, Washington n'est pas forcément le centre de toutes les décisions publiques, car le système américain est très décentralisé. De plus les Américains n'attendent pas tout du Président. Cependant ils attendent que le Président les représentent à l'étranger, donne une bonne image de l'Amérique et prennent les bonnes décisions en ce qui concerne les problèmes internationaux.

Le bilan de George W Bush et des Républicains est, selon ces critères -- et malgré ce qu'on en dit en France -- meilleur que celui des Démocrates. Le bilan de la présidence de Bill Clinton et celui des deux ans de majorité démocrate au Congrès ne sont en effet pas jugés très bon par les Américains. Entre les frasques de Bill Clinton et les affaires de corruption de son entourage, la non prise en compte des menaces terroristes et les ventes de technologies sensibles à la Chine, on ne peut pas vraiment considérer la performance de Bill Clinton comme une grande réussite. Le bilan des élus démocrates actuels, qui ont fait campagne sur la défaite des troupes américaines en Irak et l'activisme choquant de Nancy Pelosi n'est pas non plus très apprécié des Américains.

Un élément important est aussi la politique économique impulsé par le Président, et sur ce point la politique de Reagan et celle de George W Bush sont des cas d'école et des exemples à suivre. Les Démocrates n'ont rien à proposer sinon une politique étatique qui rappel ce qui se passe en France, on comprend que l'exemple n'est pas très séduisant pour les électeurs américains.

C'est aussi sur sa personnalité et sur ses valeurs qu'est jugé le candidat -- d'où la place, souvent mal comprise, qui est faite à la vie privé et à la religion des candidats. Pour relever les défis qu'il aura à affronter, comme par exemple un attentat majeur comme le 11 septembre, le futur Président des Etats-Unis doit avoir de grandes qualités morales et pas seulement un bon programme.


Eric Cunat