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John McCain, on le sait, n’intéresse pas les médias français qui n’ont d’yeux que pour Barack Obama. Surtout depuis que ce dernier semble assuré de l’emporter sur sa concurrente démocrate Hillary Clinton. La brève poignée de main, mardi à Phoenix (Arizona), entre George W. Bush et le candidat républicain à sa succession a été l’occasion de souligner que l’actuel président était un boulet pour son camp. Pour l’obamania, le néoconservatisme s’est décrédibilisé. Est-ce si sûr? Alors qu’il se répète que McCain fait tout pour se démarquer de Bush, j’observe que le candidat a pris comme conseillers en politique étrangère des théoriciens du néoconservatisme comme Bill Kristoll, Robert Kagan ou Randy Scheunemann.  Sa vision d’une "lutte titanesque entre l’extrémisme radical islamique et les forces de la liberté et de la démocratie" est celle de Bush.

Estimant que l’élection ne se fera pas sur la politique étrangère, Obama a multiplié les ambiguïtés sur le sujet. Elles ont amené  un conseiller du Hamas, Ahmed Youssef, a déclarer le 13 avril : "En fait, nous aimons bien M. Obama Nous espérons qu’il gagnera l’élection". Lundi, Fidel Castro a estimé qu’Obama est "sans aucun doute le candidat le plus avancé du point de vue social et humain". Autant de compliments autrement plus lourds à trainer. Ils mettent le doigt sur une des faiblesses du candidat qui, se voulant porteur d’identités multiples, en vient à se plus savoir de situer clairement dans les rapports de force internationaux. En 1972, le très progressiste George McGovern assura, en réaction affolée à son programme, la victoire de Richard Nixon. Bis repetita ?

Par Ivan Rioufol pour blog.lefigaro.fr/rioufol/ le 28 mai 2008

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