0_61_wright320

Souvenez-vous ! 18 mars 2008, suite aux premiers rebondissements de la médiatisation de Jérémiah Wright, Barack Obama avait prononcé un grand discours sur les "races", sencé avoir le même impact que celui de Kennedy sur sa foi Catholique en 1960... Ou en tout cas dans l'esprit ! Avec pour objectif de rassurer les électeurs Démocrates.

Or, lorsque l'on regarde le détail, on se rend compte que, méthodiquement, chaque point abordé par Obama dans ce grand discours s'avère avoir été de la mauvaise foi, voire du mensonge. Jim Geraghty, de la National Review, nous le décortique.

Ainsi, Barack Obama avait affirmé que parfois son pasteur pouvait dérapper dans ses propos sur les Etats-Unis ("Did I know him to be an occasionally fierce critic of American domestic and foreign policy? Of course"). Occasionel ? Vraiment ? Comment Wright peut-il n'avoir des propos anti-Américains qu'occasionellement s'il considère que les Etats-Unis sont l'équivalent d'Al Quaïda ?

J'ai détaillé ici même hier les positions de Wright. Or, durant ce grand discours, le Sénateur Obama a affirmé que "Aussi imparfait qu'il puisse être, il a été comme ma famille. Il a renforcé ma foi, prononcé mon marriage, et baptisé mes enfants. Pas une fois dans mes conversations avec lui je ne l'ai entendu parler d'aucun groupe ethnique de manière négative, ou traiter les blancs d'une autre manière qu'avec de la courtoisie et du respect".

("As imperfect as he may be, he has been like family to me. He strengthened my faith, officiated my wedding, and baptized my children. Not once in my conversations with him have I heard him talk about any ethnic group in derogatory terms, or treat whites with whom he interacted with anything but courtesy and respect.")

Autrement dit, lorsque Jeremiah Wright a, dans son sermont du dimanche 16 septembre 2001, affirmé que l'attentat de la semaine n'avait été que ce que les Etats-Unis méritaient, c'était de manière parfaitement courtoise et respectueuse... Soyons sérieux ! Mr Obama était parfaitement au courant des opinions de son pasteur, de celui qui a été comme sa famille ! Celui qui l'a convertit au Christianisme et qui a "renforcé [sa] foi" ! Tous ceux qui connaissent l'importance de la foi et de son pasteur ou prètre pour un croyant savent que cette pseudo non-connaissance de ce que pensait Mr Wright est totalement de mauvaise foi de la part du Sénateur. De qui se moque t-il ?

Pire. Comment compare t-il deux personnes qu'il considère comme sa famille lorsque l'un est noir, et l'autre blanc ?

"Je ne peux pas plus le rejeter lui que je ne devrais rejeter ma grand-mère blanche - une femme qui à aidé à m'élever, qui s'est sacrifiée encore et encore pour moi, qui m'aimait plus que tout au monde, mais une femme qui m'a une fois confessé qu'elle avait peur des hommes noirs qui passaient à côté d'elle dans la rue, et plus d'une fois a utilisé des stéréotypes sur les noirs qui m'ont fait me renfermer sur moi-même."

("I can no more disown him than I can my white grandmother - a woman who helped raise me, a woman who sacrificed again and again for me, a woman who loves me as much as she loves anything in this world, but a woman who once confessed her fear of black men who passed by her on the street, and who on more than one occasion has uttered racial or ethnic stereotypes that made me cringe.")

Donc, lorsque son pasteur noir affirme que les blancs ont créé le SIDA pour tuer les noirs, distribuent la drogue aux jeunes noirs pour pouvoir les mettre en prison, etc... Ces affirmations ne sont pas plus grave que l'inquiétude d'une vieille femme qui voit passer un homme noir dans la rue ? En quoi cela est-il de la tolérance ? La vérité est donc bien que, tout fils de blanche qu'il soit, Barack Obama est un raciste anti-blanc de la même manière que son pasteur.

Enfin, rappelons que Brack Obama a financé de manière importante le pasteur Jeremiah Wright. En 2006, sa femme et lui ont donné 22.500 dollars à la "Trinity United Church of Christ" !

Aujourd'hui, Barack Obama n'a cependant plus le choix. Devant la déferlante de critiques, il s'est vu obligé de condamner fermement, tout en faisant comme si son pasteur n'avait jamais eu ce discours. Il a ainsi affirmé qu'au vu des positions prises, Jeremiah Wright avait en quelques sortes décidé de rompre les liens avec lui simplement par les opinions qu'il développe. Il s'est ainsi dit "outragé" par son ancien pasteur.

Un ancien conseiller de Bill Clinton a fait ce commentaire : "La politique n'est-elle pas amusante ? Il y a deux mois, Obama essayait de convaincre qu'il n'était pas un Musulman, et aujourd'hui plus il prouvera qu'il ne va pas à l'Eglise, mieux cela ira pour lui".

Que penser de toute cette - ridicule - agitation ? Elle est des plus inquiétante. L'intérêt de tout cela est que cela oblige Barack Obama à se dévoiler. Enfin nous allons pouvoir commencer à voir qui il est réellement. Son problème est que ce n'est pas beau à voir. Le "mouvement Obama" est dors et déjà en train de s'effondrer, autant dans l'ensemble de l'électorat (le dernier sondage national pour les Primaires Démocrates montre qu'Obama a perdu son avance. Il n'est plus qu'à 46% des intentions de vote, pour 47% pour Hillary Clinton. De plus, la communauté noire (modérée) elle-même commence à s'inquiéter ! Et si la victoire d'Obama dans les primaires condamnait les avancées dans la compréhension entre les blancs et les noirs aux Etats-Unis ? Et si un noir radical parvenait à briguer sérieusement la présidentielle, et que ses positions proches de Wright se confirmaient, que se passerait-il ? La communauté Afro-Américaine, majoritairement bien plus tolérante et modérée qu'Obama, commence donc à se dire qu'Obama pourrait donc être un fléau pour elle ! Autrement dit, d'ici peu, le Sénateur de l'Illinois pourrait perdre sa base qui lui a permis de monter en puissance dans cette année électorale : les noirs de gauche.

A la vitesse où les choses évoluent, il devient donc de plus en plus imaginable que Barack Obama perde cette primaire Démocrate, et que Hillary Clinton soit finalement la candidate de la gauche pour Novembre. Gardons cependant cette conjecture au conditionel. Rien n'est joué, et Obama reste clairement le favori de la course. Pour le plus grand bien du Sénateur McCain.

Pierre Toullec

Source : National Review Online ; Fox News : sondage ; Fox news : réactions d'Obama ; Fox News : inquiétude des Noirs de gauche ; Wall Street Journal