Elections_2008

Avertissons avant tout qu'il ne s'agit pas ici de faire un mauvais procès à Hillary Clinton. N'allons pas présumer qu'elle était au courant de l'affaire. Cependant, cela donne à réfléchir.

De quoi s'agit-il ? Le Los Angeles Times a démontré aujourd'hui que l'une des personnes chargées de lever des fonds pour la principale candidate Démocrate, Mr Norman Hsu, n'est qu'un criminel fuite.

Ce journal nous apprend quelques nouvelles inquiétantes. Cette personne, Norman Hsu, était un homme d'affaire important, et fundraiser fondamental de toutes les dernières campagnes Démocrates. Il fut ainsi l'un des principaux éléments de la levée de fond de John Kerry en 2004, et de nombreux candidats locaux de gauche en 2004 et 2006. A lui seul, il a levé aujourd'hui un million de dollars pour la Primaire de Clinton.

Depuis quelques jours, il semblerait que les autorités Californiennes aient trouvé nombre de preuves contre lui, de diverses malversations. Ce désormais New Yorkais ne répond plus au téléphone depuis mardi, et a prévenu les autorités et la presse qu'il ne parlerait plus qu'en présence de son avocat. En fait, en lieu et place de ne répondre qu'avec un avocat à ses côtés, il semblerait qu'il ait tout simplement disparu.

Qu'a t-il à se reprocher ? Lorsque l'on voit son passé, il est peu probable que sa fuite soit celle d'un innocent. Après trois ans de prison pour diverses malversations financières, le businessman, qui aurait du avoir purgé sa peine et ne plus rien craindre des autorités, est en cavale après la découverte de nouveaux crimes de la même nature. En fait, il est en fuite depuis le courant de l'année 2004, soit aux moments où il a financé les principales dernières campagnes Démocrates, dont celles de Kerry et de en 2006 Clinton dont nous parlions.

Pour les autorités, il n'y a pas de doutes. "He's a fugitive".

Durant ses années de "fuite", où il n'hésitait cependant pas à s'afficher devant les médias avec les principaux candidats Démocrates, plusieurs dizaines de cas de non respect des normes de financement des capagnes électorales ont été référencés.

Mais selon Howard Wolfsen, conseiller de Clinton, "During Mr. Hsu's many years of active participation in the political process, there has been no question about his integrity or his commitment to playing by the rules, and we have absolutely no reason to call his contributions into question or to return them." ("Durant les nombreuses années de participation de Mr Hsu au processus politique, il n'y a jamais eu de doute à propos de son intégrité ou de ses capacités à respecter les règles, et nous n'avons aucune raison d'avoir des doutes sur ses contributions ou de rendre ces contributions".) Il est certain que de devoir renoncer, moins de six mois avant le début des primaires, à plus d'un million de dollars pourrait poser un vrai problème financier à l'ex Première Dame.

Il ne serait pas approprié que les adversaires de la candidate se servent aujourd'hui de cette information importante. En revanche, il est fondamental qu'une vraie enquête soit menée, afin de définir exactement ce que savaient les différents candidats Démocrates de cet homme et de savoir qui étaient ses complices, qui lui permettaient ainsi de lever des fonds sans être inquiété. La question est simple : qui travaillait avec lui, qui le protégeait ?

Si Clinton s'avérait avoir été au courant de cette situation, il est certain que nombre de vieux dossiers non élucidés pourraient être ressortis au cours de la campagne. En particulier ceux de ses propres supposées ou prouvées malversations financières. (Plusieurs fonctionnaires de la Maison Blanche virés pour protéger plusieurs proches des Clintons sur lesquels le FBI enquêtait ;
Financement de la campagne Présidentielle de 1996 ; Financement de la campagne Sénatoriale de 2000) Et cela pourrait lui être dangereux. Apparemment, trois cas ne semblent pas devoir réellement la géner. Une quatrième enquête ouverte pour malversations financières sur la candidate pourrait-elle ne pas briser sa course ?

Pour le bien de la justice Américaine et pour l'image du Parti Démocrate, il vaudrait mieux que les coupables soient sanctionnés.

Pierre

Sources : LA Times ; Fox News

Hillary_Clinton_speaking_at_Families_USA